Enquête sur la loi « Zéro Mika » — Usage des sacs plastiques au Maroc
En juin 2018, Zero Zbel a publié les résultats de son enquête terrain menée dans 3 villes (Casablanca, Tétouan, Agadir) auprès de 235 personnes sur 8 marchés, révélant l'écart entre la loi 77-15 et la réalité du terrain.
Personnes interrogées
235
Villes
3 (Casa, Tétouan, Agadir)
Marchés
8
Archive Numérique préservée par Web Success
Cet article a été initialement publié par l'association Zero Zbel. Dans le cadre de notre engagement RSE et de notre politique de sobriété numérique et conception web éco-responsable, l'agence web Web Success a choisi d'héberger et de préserver ces données environnementales cruciales pour le Maroc afin qu'elles restent accessibles à tous les chercheurs et citoyens.
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Le 1er juillet 2016, le Maroc a adopté la loi 77-15, communément appelée « Zéro Mika » (zéro sac plastique en darija), interdisant la fabrication, l'importation, la vente et la distribution de sacs en plastique sur le territoire national. Deux ans après son entrée en vigueur, Zero Zbel a mené une enquête de terrain pour mesurer son impact réel.
L'enquête a été menée dans 3 villes — Casablanca, Tétouan et Agadir — sur 8 marchés, pendant 5 journées de terrain, avec la participation de 24 volontaires. Au total, 235 personnes ont été interrogées : 60% de commerçants au sein du marché et 40% de clients. Le questionnaire a été administré via un formulaire en ligne sur le terrain.
Les résultats ont révélé un paradoxe frappant : 90% des clients et 100% des commerçants connaissent l'existence de la loi 77-15, et 59% des personnes interrogées considèrent que les sacs plastiques ont un impact fort sur l'environnement et la santé. Pourtant, les sacs plastiques sont encore massivement utilisés.
49% des personnes interrogées considèrent que la consommation de sacs en plastique est restée la même (41%) ou a augmenté (8%) depuis la loi. 60% des commerçants déclarent que plus de 80% de leurs clients exigent des sacs en plastique. 65% des clients déclarent utiliser 5 à 15 sacs en plastique à chaque fois qu'ils font leurs courses.
L'usage des alternatives reste globalement limité : 26,1% des clients déclarent ne « jamais » utiliser d'alternatives, et 40,1% seulement « peu régulièrement ». 80% des commerçants rapportent que même les clients qui amènent un panier (qoffa) emballent aussi leurs achats dans des sacs plastiques.
Les principales limites identifiées sont : le prix des alternatives jugé trop élevé, le refus des consommateurs de changer leurs habitudes, le manque de praticité des alternatives, et surtout la distribution gratuite de sacs plastiques qui reste un frein majeur (68% des clients). 82% des clients estiment qu'il manque des alternatives adaptées, notamment pour les produits humides (poisson cité par 80%, viande par 65%).
88% des commerçants constatent que le prix des sacs plastiques a augmenté depuis la loi, mais les sacs sont encore distribués gratuitement aux clients — ce sont les commerçants qui absorbent le surcoût. Les commerçants se retrouvent « entre le marteau et l'enclume » : les clients exigent des sacs, et les autorités sanctionnent leur distribution.
Les conclusions de l'enquête sont claires : malgré la connaissance de la loi et la conscience environnementale, les sacs plastiques restent omniprésents. La loi seule ne suffit pas — il faut traiter le problème en amont, développer des alternatives accessibles et abordables, et renforcer les contrôles sur la production clandestine.
Couverture médiatique
Enquête sur l'usage des sacs plastiques (Juin 2018)
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